Accord Montana: Le compromis politique en peu de mots

Par John Wesley Delva

echoayiti.com

Dans les moments de crise, où les cadres normatifs sont dépassés et donc incapables de solution, dans cette brèche, la nécessité de compromis politique se fait sentir. Le compromis politique est nécessaire pour éviter une situation chaotique, indique Paul Ricœur.


Le compromis, en soi, n’est pas une mauvaise chose. Il aide à créer une situation alternative, sinon une nouvelle situation éthico-politique. Ainsi, le compromis peut se révéler un instrument de normalisation politique, sociale, voire juridique.


Cependant, le compromis peut voir son sens alteré par l’orientation et l’action des acteurs qui y participent. Souvent, le compromis est un prétexte pour camoufler les motivations réelles des acteurs. Ces derniers peuvent tout carrément s’inscrire dans un schéma de satisfaction personnelle. D’où la frontière assez poreuse entre compromis et compromission.


Ainsi le compromis politique, vu son caractère souvent démagogique et intéressé, n’est pas un garant de démocratie. Il est souvent une démarche élitiste, qui exclut toute dynamique de participation populaire, sous prétexte d’absence ou de faiblesse de cadres constitutionnels. Le peuple, s’il est vrai qu’on est dans une logique démocratique, doit être le référent par excellence du compromis politique. C’est d’ailleurs ça l’éthique du compris : le renoncement. Le renoncement à des intérêts personnels au bénéfice du peuple.


C’est pourquoi, pour comprendre le compromis politique, il faut essayer d’aller dans les «archives» des acteurs-archives au sens foucaldien du terme. Sinon, il faut aller dans leur «généalogie» au sens nietzschéen pour comprendre le sens de leurs actions. L’homme est le produit d’une histoire. Son action prend son sens à partir de son construit historique. Donc, le compromis politique ne peut être saisi en dehors de la perspective qui établi l’acteur politique comme sujet historique.


En résumé, mon hypothèse est la suivante: le compromis politique est nécessaire dans des situations politiques données, soit qu’il il aide à maintenir un ordre politique soit qu’il aide à le changer. Mais le plus souvent, sinon toujours est-il que le plus grand perdant des compromis politiques soit le peuple. D’où la nécessité d’une éthique de compris pour articuler la position des acteurs et l’intérêt général.