Des étudiants dorment dans des salles de cours en raison de l'insécurité

Dernière mise à jour : 26 mars


Par Wilder Sylvain

echoayiti.com

La montée des actes d'insécurité dans le pays n'a pas épargné la communauté estudiantine. Au cours de ces neuf derniers mois, on assiste à une nouvelle pratique chez des étudiants haïtiens. Pour fuir la guerre des gangs armés qui prévaut dans certaines zones comme Martissant et Croix-des-Bouquets, nombreux sont ceux qui dorment à même le sol dans l'enceinte de leur faculté, à l'intérieur des salles de cours, non amenagées à cet effet.


Des images et des courtes vidéos concernant les conditions de vie de ces étudiants ont été partagées sur les différentes plateformes en ligne. Ce qui a provoqué l'indignation nationale. À la Faculté de Droit et des Sciences Économiques, à la Faculté des Sciences Humaines, à la Faculté des Sciences, entre autres, la situation précaire de ces jeunes, considérés comme l'avenir d'Haïti, n'a pas pu réveiller la sensibilité des autorités concernées. Jusqu'à présent, aucune décision concrête n'a été prise pour changer cet état de fait.


Des chaises arrangées en rangs, des draps couchés sur le sol et des valises croquées ou appuyées ça et là, voilà la situation inconfortable dans laquelle vivent des étudiants et étudiantes des Universités d'État d'Haïti ( UEH) notamment à la Faculté des Sciences Humaines (FASCH), lors de la tombée de la nuit. Après une semaine de cours, ils sont plusieurs à se regroupés pour retourner chez eux chaque samedi après-midi. Pour s'y rendre, ils doivent éviter les zones de non droit, occupées par des gangs armés, qui généralement s'affrontent nuit et jour.

Absence de lutte collective

Déjà doublement pauvre, matériellement et spirituellement, au sens de Jean Anil Louis-Juste, l'étudiant haïtien (un prince autodominé), maintenant, fait face à un autre problème encore plus terrible: l'insécurité. Triste de constater qu'en dépit de cette réalité à la fois alarmante et révoltante, aucune forme de protestations ou de luttes n'a été constatée.

Silence des responsables

Cette situation qui perdure laisse indifférentes les autorités haïtiennes concernées. Que ce soit au niveau de l'État ou au niveau du conseil de l'Université d'État, aucune mesure n'a été prise pour, au moins, pallier le problème. En fait, l'Éducation qui devrait être le pivot de la société, comme c'est le cas dans bien d'autres pays, est délaissée par les autorités haïtiennes: 80% des écoles se trouvent sous le contrôle du secteur privé haïtien. C'est le même cas de figure pour les universités.

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