Haïti en mode «Lock»

Dernière mise à jour : 19 avr.

echoayiti.com

Des plus hautes autorités de l'État jusqu'au simple citoyen, tout le monde assiste, dans la plus grande indifférence, à l'effondrement de notre pays.Un pays gangstérisé, gangrené par la violence et la corruption. C'est une évidence que le pays est sous mode automatique. «Disons en mode lock». Il n'y a pas de pilote à bord. À tout moment, l'avion peut s'écraser. Dans cet horizon brumeux dans lequel s'engouffre la société haïtienne dans son ensemble, aucune lueur d'espoir ne semble se dessiner . La vie en Haïti devient sur nos frêles épaules un immense fardeau que nous ne pouvons plus supporter .


L'Hôpital de l'Université d'État d'Haïti, le plus grand centre hospitalier du pays était en grève la semaine dernière. Les malades étaient abandonnés à leur pauvre sort. Médecins, infirmiers et membres du personnel de l'hôpital exigent de meilleures conditions de travail. Depuis quelques jours, l'on assiste à une rareté de carburant dans les pompes à essence. Motocyclistes, chauffeurs de transport public , propriétaires de voiture privée, tous font la queue. Ils sont à la recherche du précieux liquide. Le prix du panier de la ménagère augmente à un rythme exponentiel. Et ceux des produits de première nécessité, en effet, s'accélèrent de jour en jour. Une bonbonne de 25 livres de gaz propane s'achète à 1750 gourdes. La vie devient plus difficile au pays, après l'assassinat du président Jovenel Moïse. Et Ariel Henry, Premier Ministre et médecin de son état, et son équipe gouvernementale, tardent jusqu'à présent à y apporter les solutions adéquates.


Pour l'heure, personne ne peut donner une date exacte pour l'organisation des prochaines élections aux fins de renouveler le personnel politique du pays. Les actes de kidnapping continuent; la Police Nationale d'Haïti dont la mission est de protéger et servir est au bout de ses moyens. La marche pacifique du 29 Mars dernier, à l'occasion du 35e anniversaire de la constitution, aura été le prétexte pour exprimer notre ras-le-bol, notre révolte et notre refus d'accepter l'inacceptable.


Aux dernières nouvelles, le Ministère de l'Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle a célébré, la semaine dernière, les 40 ans de la Réforme Joseph Bernard. Pourquoi une telle célébration quand on sait que l'éducation en Haïti est réduite à sa plus simple expression. Le Ministre de l'Éducation Nationale, Nesmy MANIGAT, a-t-il déjà visité les lycées des dix départements. Mis à part des professeurs non qualifiés, les livres imprimés pour le nouveau secondaire et qui ne sont pas homologués par le ministère ne sont-ils pas une écharde attachée à cette réforme?


La dépréciation de la gourde face au dollar, le Grand Sud qui porte encore les plaies du séisme du 14 août dernier, l'insalubrité qui élit domicile dans tous les quartiers d'Haïti, la justice haïtienne injuste et inopérante, sans oublier surtout la gangstérisation de la société, voilà les maux et le lot quotidien des Haïtiens, qui aspirent malgré tout à un mieux être et à une vie meilleure.


Face à cette situation inédite et combien dramatique de notre histoire où la population s'enlise de jour en jour dans la misère la plus abjecte, et surtout elle est prise en otage entre les gangs d'État et les gangs de grand chemin, des questions s'imposent : à quand le rétablissement de l'autorité de l'État? À quand la fin du calvaire multiforme de la population? Et qui stoppera les groupes criminels qui appauvrissent et endeuillent, chaque jour, les familles haïtiennes...?




La Rédaction



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