Haïti : la violence perdure


Par John Wesley Delva

echoayiti.com

Haïti fait l’objet d’une situation de violence et de criminalité, qui semble-t-il, est loin de se résorber. Si les actes de kidnapping ont diminué légèrement cette semaine, la liste des personnes blessées et tuées par balles, ou à l’arme blanche, continue de s’allonger.


En effet, cette fin de semaine a surtout été marquée par de nombreux cas d’assassinats. Le samedi 2 avril dernier, Edith Despas, la femme du Directeur général du Ministère de la Culture a été assassinée par des individus lourdement armés.


Ces bandits ont fait irruption dans la résidence privée du DG du Ministère de la Culture, et ont tenté d’enlever sa femme. En essayant de s’échapper, Edith Despas a été lâchement abattue par ses ravisseurs. Un crime de plus, qui répugne plus d’un.

3 autres cas d’assassinats dans les Nippes


3 autres cas d’assassinats ont été repérés également dans le département des Nippes, plus précisément dans une petite localité appelée Body. Il s’agit de trois jeunes hommes, dont les identités n’ont pas été révélées. Ils ont été retrouvés les bras ligotés, les corps mutilés. Apparemment, ils avaient reçu plusieurs coups de machette, selon les informations rapportées par le journaliste Thériel Thélus sur sa page Facebook. Ces hommes auraient été tués par des riverains de Body pour vol de motocyclettes, ajoute le PDG du journal en ligne Trip Foumi.

Un ancien parlementaire blessé par balles


Cette fin de semaine a été marquée également par la tentative d’assassinat sur l’ancien député de Delmas. Lors d’une manifestation, le mercredi 30 mars dernier, Arnel Belizaire a frôlé la mort, après avoir été atteint de 5 projectiles. Le militant politique a été transporté d’urgence à l’hôpital, et a reçu des soins que nécessitait son cas. Après avoir subi plusieurs opérations chirurgicales, et reçu du sang de nombre de donateurs, Arnel Belizaire est pour l’instant hors de danger, confirme l’un de ses proches.


Depuis plusieurs mois, des actes de violence et de criminalité entachent le quotidien des Haïtiens. Pas une journée ne passe sans qu’un cas de meurtre ou de rapt ne soit survenu dans le pays. Les bandits sèment le deuil partout, et la police semble dépassée largement par les évènements. Martissant, Croix-des-Bouquets, Grand Ravine, ces zones, entre autres, sont prises en otage, et constituent des lignes infranchissables. La population est livrée à elle-même, à la merci des gangs armés, qui s’affrontent de façon meurtrière. Aucun bilan officiel n’est, pour l’instant, disponible en ce qui a trait au nombre de décès par balles dans le pays depuis le début de l’année.


Cependant, le bilan relatif au cas d’enlèvement est très lourd. Le dernier rapport publié par le Centre d’Analyse et de Recherche en Droits de l’Homme (CARDH) fait état de 225 cas de kidnapping pour le premier trimestre de 2022 contre 142 pour celui de 2021, une augmentation de 58,455%.