Jovenel Moïse aurait été assassiné par des trafiquants qu'il s'apprêtait à livrer

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Le Président Jovenel Moïse a été assassiné alors qu'il s'apprêtait à communiquer une liste de noms de puissants politiciens et hommes d'affaires aux autorités américaines pour leur implication dans le trafic de drogue et d'armes à feu, selon ce qu'a révélé le New York Times dans un article écrit par Maria Abi-Habid et paru ce dimanche 12 décembre 2021.


En effet, Jovenel Moïse entendait livrer un groupe de drug-dealers et de trafiquants d'armes présumés, très puissants dans le monde politique et des affaires, peu avant son assassinat, le 7 juillet, en sa résidence privée, à Pèlerin, à révélé le New York Times. Et Charles "Kiko" Saint-Rémy, un homme d'affaires et beau-frère de l'ancien président, Joseph Michel Martelly, suspecté par la Drug Enforcement Agency (D.E.A) dans le traffic de stupéfiants, occupait une place centrale dans la liste de l'ancien président, selon deux des hauts fonctionnaires haïtiens chargés d'aider à la rédaction du document. Ces derniers avaient reçu l'ordre de n'épargner personne, pas même les faiseurs de rois qui l'ont propulsé au pouvoir, a expliqué le journal.


Lors de sa première interview accordée audit journal, après l'assassinat de son mari, Madame Martine Moïse avait confié que les assaillants se sont mis à fouiller précipitamment la pièce et dans les dossiers. "C'est ça", disent-ils, au bout d'un moment avant de prendre la fuite, ajoutant qu'elle ne savait pas ce qu'ils avaient dérobé. Et en découvrant la scène du crime, bien des jours après, les enquêteurs ont trouvé le bureau de M. Moïse sens dessus dessous, des documents éparpillés partout, peut-on lire dans cet article. Certains mercenaires arrêtés par la suite ont avoué que leur priorité absolue était de récupérer ce document en question.


M. Daniel Foote, envoyé spécial des États-Unis en Haïti, avait déclaré, avant qu'il ne quitte ses fonctions le mois dernier : "Je serais un imbécile si je ne pensais pas que le narcotrafic et le traffic d'armes n'ont pas joué un rôle dans l'assassinat de Jovenel Moïse. Tous ceux qui comprennent l'économie ou la politique haïtienne comprennent ça".