La jeunesse: première victime de la crise haïtienne

Dernière mise à jour : 5 nov.

echoayiti.com

La situation sécuritaire en Haïti se dégrade au jour le jour sous le regard indifférent des autorités haïtiennes qui sont incapables de rétablir l'ordre et la sécurité dans le pays en traquant les bandits de tous poils qui sèment la terreur au sein des familles haïtiennes. Face à une telle situation avec toutes les conséquences dramatique y afférentes, la jeunesse haïtienne est la première victime. Elle est livrée à elle-même, déboussolée, meurtrie et sans rèpère.


Depuis bien des mois, la société haïtienne est rongée par une crise sans précédent qui affecte toutes les couches sociales du pays. Partout, des gangs armés fleurissent et se rivalisent dans la cruauté: ils volent et tuent en toute impunité. Le crime spectaculaire perpétré contre la famille Desenclos (Josette Fils Désenclos, ses deux filles Sarahdjie et Sherwood Sondjie) durant le mois d'août dernier est venu nous rappeler les souffrances d'une jeunesse en proie à toutes sortes de difficultés et de calamités.


Aujourd'hui encore, nous n'avons pas fini d'enterrer et de pleurer nos morts. Hier, c'était Éveline Sincère, Netty, Natacha Dessources, Christine Jeune, et il n'y a pas longtemps que c'était les Desanclos et tant d'autres dont la liste pourrait s'allonger à l'infini. Ici, à ÉchoAyiti, nous avons toujours partagé la colère exprimée par tous les milieux sociaux contre ces crimes gratuits. Nous sommes en colère contre les meurtriers, y compris contre ceux qui, par leur laxisme ou leur complicité, laissent faire.


Nuit et jour, des jeunes sont nombreux à être victimes d'actes de violence et de criminalité dans diverses régions du pays. Ce qui ne va pas sans conséquence sur leur santé mentale, leurs études, leur développement personnel, voire leur avenir en général. Enlisés dans la peur, n'ayant pas de travail et abandonnés à eux-mêmes, ils semblent n'avoir aucune alternative que de fuir le pays pour éviter d'être la prochaine victime de la machine infernale, alors qu'on sait que la jeunesse représente une force vive, voire l'avenir du pays. Malheureusement, l'insouciance de nos dirigeants gâche ce potentiel et cette énergie.


À ce moment crucial de la vie des jeunes où il ne leur est même pas permis de penser ni de rêver, et où la peur s'installe en eux, il est du devoir des instances concernées de les orienter, les encadrer tout en leur offrant de nouvelles perspectives d'avenir. Nous devons avoir une pensée pour nos jeunes et pour nos enfants vivant dans un pays sans lendemain et auxquels, malgré tout, nous devons expliquer les mauvais choix qui nous ont conduits vers cet échec collectif.


C'est le moment également de questionner la responsabilité de nos élites et de l'État haïtien dans la crise sociétale et structurelle qui bouleverse la société haïtienne d'aujourd'hui, avec ses incidences néfastes sur la vie des jeunes. À aucun moment de notre histoire, la problématique des jeunes n'a été globalement cernée ni prise en compte dans une politique publique ou dans un projet de société. L'heure est grave!