Louis Philippe Dalembert : À cœur ouvert

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Après avoir participé comme co-invité d’honneur à la 28e édition de Livres en Folie, Louis Philippe Dalembert a rencontré, une fois de plus, ses lecteurs, à la salle Michel Soukar de C3 Éditions, le lundi 20 juin 2022. L’occasion pour l’auteur du roman : «Le crayon du Bon Dieu n’a pas de gomme» d’entamer une conversation à bâtons rompus avec l’écrivain Marc Exavier. Dalembert a répondu à un certain nombre de questions se référant à son parcours d’écrivain, sa vocation littéraire tout en jetant un réel regard sur ses attachants récits.


«j’ai fait un travail par passion et aujourd’hui ce travail est une profession» a déclaré, d’entrée de jeu, Louis Philippe Dalembert devant une auditoire composée notamment d’élèves des sœurs de Charité de Saint Louis de Bourdon, de l’Institution chrétienne Mixte les Gédéons, des écrivains de renom : Gary Victor et Michel Soukar et des professeurs d’université Josué Mérilien et Hérold Toussaint et d’autres amis de la salle Michel Soukar». Écrire est un travail passionnant a poursuivi Dalembert. Il faut a-t-il expliqué une très grande régularité sans laquelle il n’y aura pas d’œuvre. «Avoir une œuvre, c’est quelque chose qui prend du temps. L’on ne peut pas écrire sans avoir lu un certain nombre de textes». Il en a profité pour encourager les jeunes à lire avant de se mettre à l’écriture et de travailler avec acharnement s'ils ont choisi d’emprunter ce chemin.


À la question de savoir à quel moment lui est venue l’idée de devenir écrivain, Louis Philippe Dalembert, avec humilité, a rendu dans sa réponse un vibrant hommage à un certain nombre d’écrivains et de personnalités qui ont, dans un sens ou dans un autre, joué un rôle déterminant dans sa carrière d’écrivain. Il a cité, par exemple, Alix Damour, Fred Brutus, Gérard Picorne Janvier, St John Kauss, sans oublier le poète et critique littéraire Christophe Philippe Charles qui dirigeait à l’époque "La revue des écoliers". Cette période était, selon lui, foisonnante et dense dans l'histoire de la littérature haïtienne. Son passage à l’École normale supérieure fut tout aussi déterminant. Il y a rencontré Yanick Lahens et feu le professeur Pradel Pompilus qui a écrit avec le frère Raphaël Berrou des manuels de littérature haïtienne, sans oublier Raymond Chassagne qui l’a amené vers l’acte de la création.


Il a témoigné également de son amour pour les recueils de poésie écrits par Saint John Perse, Anthony Phelps et René Depestre. Il a écouté, a-t-il argué, le souffle et le lyrisme frémissant se dégageant dans les vers de ces auteurs. Louis Philippe Dalembert a parlé de son roman : «Milwaukee Blues», finaliste du prestigieux prix Goncourt : «C’est un roman qui a raconté l’histoire d’un homme noir qui trouve la mort sous les genoux d’un policier blanc. Avant Georges Floyd, il y eut Éric Garnier qui était mort dans cette même condition. J’ai écrit ce roman pour parler», a-t-il dit, des tensions sociales qui existaient aux Etats Unis d'Amérique. Quelle importance réelle accordez-vous aux prix littéraires a demandé Marc Exavier à Louis Philippe Dalembert dont l’œuvre poétique et romanesque est couronnée plusieurs fois à l’étranger. «Les prix littéraires ne me montent pas à la tête. Sauf que je gagne quelques sous qui me permettent de vivre. Elles ne me valent absolument rien, mais je les prends comme un signe d’encouragement. Même si je n’ai pas de prix, je vais continuer à écrire. L’écrivain, a-t-il concédé, existe avant les prix littéraires».


Pour rappel Marc Exavier a tenu à rappeler que Louis Philippe Dalembert est un grand nom de la littérature haïtienne. Il doit être, selon l’auteur de «Nayou», «connu par la jeunesse haïtienne. C’est un auteur que les jeunes haïtiens doivent lire», a conclu Marc Exavier.