Pauvre moi, pauvre Haiti !

Par John Wesley Delva

echoayiti.com

Pauvre moi qui croyais que la Transition de rupture correspondait à une vision large et/ou à une planification, somme toute, consensuelle d’un nouveau projet social.


Pauvre moi qui croyais que la transition de rupture voulait dire : revoir le pays à travers les prismes de nouveaux paradigmes ou de nouveaux idéaux-types, en vue de redéfinir une nouvelle idée de l’Etat.


Pauvre moi qui croyais que la transition de rupture voulait dire vraiment « rupture », c’est-à-dire repousser les anciennes manières de faire de la politique, réorienter la société vers ce quoi dont s’est-elle toujours écartée: les valeurs républicaines, la science et la modernité.


Pauvre moi qui croyais que la transition de rupture- terme très paradoxal- exprimait l’idée de l’émergence d’une nouvelle classe politique avec de nouvelles mains d’œuvre dans le chantier économique, parce qu’on ne peut pas faire du neuf avec de l’ancien.


Pauvre moi, pauvre Haïti!


Sincèrement, je ne vais pas dire que je me suis trompé, car je n’y croyais pas. Je n’y croyais jamais. J’avais toujours cru qu’il s’agissait d’un simple élément de rhétorique politique. J’avais toujours cru qu’il s’agissait de palabres et de populisme.


Quant à moi qui avais toujours soutenu l’idée d’une transition post-Jovenel, j’avais préféré en lieu et place d’une transition démagogique, une «transition structurante ».


J’entendais par transition structurante, un cadre consensuel qui inclurait un projet de réformes constitutionnelle, économique et sociale, avec des représentants d’un ensemble de secteurs vitaux du pays comme: l’Université, l’Église, la diaspora, la paysannerie, la Société civile. Ces représentants seraient des bénévoles de l’Etat pendant toute la durée de la transition. Cette transition s’inscrirait dans une « temporalité longue ».


En tout cas, on est encore loin de cette transition de rupture, voire d’une transition structurante. Et, en guise d’une transition de rupture ou d’une transition structurante, on revient au même cycle initial de politicaillerie, de négociations au noir, de compromissions, au mépris le plus total des intérêts du peuple.


John Wesley Delva