Port-au-Prince, la capitale des douleurs

Dernière mise à jour : 8 nov. 2021

echoayiti.com

Le 31 octobre dernier, toute la communauté éducative des sœurs de Saint Louis de Bourdon est plongée dans la plus profonde tristesse et dans le plus grand désarroi. Une tentative d'enlèvement a eu lieu en plein jour dans l'enceinte de l'établissement. Le bilan est déjà trop lourd et difficile à accepter. Un parent est décédé des suites de ses blessures. Un agent de sécurité et un élève blessés. C'était l'horreur avec son cortège de douleurs qui dessinaient les lieux, s'invitaient dans les salles de classe où l'on enseigne l'avenir, parcouraient tous les axes de la cour de récréation où sont imprimés sur des teints nostalgiques les joies et les émotions de l'écolier.


La Ministre chargée de l'Education en Haïti, Marie Lucie Joseph a joué le beau rôle. Elle s'est rendue sur les lieux du drame, quelques jours plus tard pour présenter non pas la litanie de ses peines mais ses condoléances et ses regrets." Je suis ici pour témoigner de ma solidarité et de celle du gouvernement à l’établissement scolaire fortement affecté, après ce terrible drame», a souligné la ministre Joseph, qui était accompagnée de plusieurs cadres dudit ministère.


La justice haïtienne moribonde, et accablée de tous les maux va certainement ouvrir une enquête qui certainement n'aboutira pas en raison de la corruption qui gangrène le système, et surtout du fait que des bandits et des assassins sont de connivence avec les autorités étatiques. Dans ce cas, aucune justice pour les morts déjà enterrés et oubliés ni de réparation pour leurs familles. D'autres victimes attendent jusqu'à la fin de leurs jours que justice leur soit rendue.


Après chaque drame, le temps des émotions, et nos dirigeants, experts en manfoubinisme, passent déjà à autre chose. La République d'Haïti, à l'instar d'un livre de mathématique, est remplie de problèmes à résoudre. L'assassinat crapuleux de Jovenel Moïse est encore une plaie béante qui n'est pas encore refermée comme toutes les autres victimes fauchées sous les balles assassines dont la liste est bien trop longue. Plus de deux cents ans de funérailles, d'enterrements gratuits et inutiles dans ce pays. Deux cents ans de désordre généralisé et d'échec collectif.


Entre temps, il faut un accompagnement psychologique pour les élèves des filles de Bourdon atterrées. La vie, peut être, ne reprendra jamais son cours dans leurs pauvres cœurs déjà dévastés par la douleur causée par la bêtise et la lâcheté des plus grands.


La rédaction